Quand l'église
se construit ...
Actes 4.11, Ephésiens 2.20-22,
Isaïe 28. 16

par Henri Bacher


Dans notre proposition de prédication nous reprenons une très vieille idée souvent exploitée: l’église comparée à un édifice. Rien de très original, sauf que la construction que nous vous proposons ne ressemble en rien à notre manière d’édifier des bâtiments. Les murs incas sont un exemple impressionnant d’un assemblage hétéroclite de pierres aux formes disparates. Exactement le contraire de la manière dont nous envisageons un mur en occident. Pour nous, les murs sont majoritairement composés de pierres et de briques qui ont toutes le même gabarit, rectangulaire ou carré. Lorsque nous envisageons l’unité de l’église, nous parlons volontiers d’homogénéité. Nous devons avoir le même esprit et la même pensée, mais ces qualités recouvrent souvent, dans notre esprit, une sorte de standard spirituel commun à tous. Donc, nous « taillons » volontiers nos ouailles au « carré », aux normes socio-spirituo-culturelles de nos églises. Le style de construction des incas va nous aider à montrer que l’église peut aussi ressembler à une construction où aucune pierre de l’édifice n’est pareille à sa voisine, mais qui peut, grâce à la créativité et à l’ingéniosité des maçons, donner un ensemble puissant.

[Matériel]  

Un vidéo-projecteur et un ordinateur pour présenter un diaporama Powerpoint contenant les images utilisées pour la prédication. Il suffit simplement de commenter les images en direct. 

Le commentaire sous les images donne le fil conducteur, tandis que les explications ci-dessous permettent d’étoffer votre message.


1. Le Machu-Pichu, relais-temple-forteresse inca (Pérou), peut représenter symboliquement le dessein éternel de Dieu pour le monde. Dieu veut nous intégrer dans sa construction, dans son église.


2. Il ne choisira pas de mettre ensemble des personnalités naturelles qui émergent du conformisme ambiant...


3. Des têtes bien faites,
des têtes pensantes,
des hommes qui ont la tête
sur les épaules.


4. Non, Dieu cherche des hommes, des « pierres » qui soient prêtes à se laisser façonner, qui acceptent de recevoir une nouvelle personnalité spirituelle correspondant au plan
de Dieu.


5. Petites ou grandes, qu'importe, comme « pierre », j'ai la même valeur, je suis indispensable. Si je manque, il y aura un trou et je suis perdu et pour le constructeur et pour l'église!


6. Je suis une pièce unique qui ne ressemble pas à mon prochain. Ma différence n'empêche pas l'harmonie, car c'est Dieu qui construit
et c'est lui qui m'ajuste.


7. … À condition que je meure à moi-même, que j'accepte de ne pas vouloir être le centre, l'important,
le plus en vue.


8. Car Dieu veut élever
dans le monde une église-construction qui montre
le chemin de l'éternité...


9. … Par son témoignage clair, sobre et ferme. Un témoignage qui marque des limites, tout en étant accueillant et sécurisant.


10. Une église qui soit
comme une porte d'entrée vers l'au-delà,
vers "l'autre-delà".



11. Chacun d'entre nous
a donc sa place dans
cet édifice, une place que seul connaît le constructeur, le maître d’œuvre.



12. Et pourtant, malgré
le génie de cette civilisation andine, les incas se sont
faits écraser, détruire
par une poignée
de «conquistadors».
Il ne reste plus que des ruines livrées aux bêtes des champs.
Soyons vigilants!

  1. Le Machu-Pichu est un symbole fort de ce que pourrait être la communauté chrétienne: un temple où l’on adore le Christ, une forteresse pour se protéger des attaques de notre ennemi ancestral, un relais sur le chemin vers l’éternité. De plus, les forteresses-relais des incas (pas toutes étaient des temples) étaient construites sur les crêtes et les chemins qui les reliaient, empruntaient le sommet des montagnes. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle on n’a découvert ce site historique que vers 1911: les explorateurs cherchaient dans les vallées!

2. Ce site de pierres se trouve à San Pedro de Casta à 80 Km de Lima, la capitale du Pérou. Ce sont des rochers érodés par la pluie, le vent et le soleil. On dirait de loin une forteresse avec des humains qui se donnent la main pour barrer la route. Dieu ne constitue pas son église avec des hommes et des femmes, érodés, façonnés par la vie. On n’a pas droit à sa place dans l’église parce qu’on a souffert, parce qu’on a un certain caractère ou simplement du caractère.

3. Ce ne sont non plus des personnalités en vue comme cette immense tête en pierre (c’est un rocher qui est aussi grand qu’un immeuble de 10 étages) qui ont la prééminence dans la communauté chrétienne. A droite de la tête, sur le sol, en projection grand écran, on peut apercevoir une personne habillée en rouge.

4. Dieu nous « taille » pour nous intégrer dans sa construction. On imagine bien le tailleur de pierre qui choisit chaque pierre selon sa personnalité, selon son « charisme », sa structure. Il ne fait pas fi de nos qualités, de nos « formes » intérieures. Dieu ne nous taille pas à l’encontre de notre « structure » de base, de notre « gabarit » de personnalité. Au contraire, il saura exploiter tous nos avantages, alors que nous avons souvent en tête un Dieu qui nous ratiboise, qui nous casse, nous formate. On a l’impression que dans la construction de ce mur, l’artisan se plaît plus à mettre en valeur la pierre que le mur! Remarquez également, le nombre d’angles que chaque pierre possède. La plus grosse, n’en a pas moins d’une douzaine. En fait, ils servent à bloquer l’onde de choc, lors d’un tremblement de terre. Vous pouvez suivre des « lignes » d’angles placées en enfilade. Nous avons l’habitude de rogner les angles des membres de la communauté chrétienne. Que veut dire pour un chrétien avoir des angles qui freinent les ondes de choc ?

5. Chaque pierre a la même valeur qui ne dépend pas de sa superficie, mais de son utilité. C’est bien la notion de service qui est ici à l’honneur. Imaginez le constructeur qui ne voudrait travailler qu’avec les « grands », les gens importants et imposants, les « stars ». Son mur comporterait des trous. Finalement, on ne peut guère dire que la petite pierre est sans importance. Parfois, on pourrait dire, en tout cas, dans les constructions incas, que les petites pierres ont des rôles « clés ».

6. Dans nos églises on a tendance à penser que l’harmonie passe par l’uniformité. Un seul cœur et une seule pensée ! Ici dans ce mur, il y a une grande harmonie, sur une base disparate. Disparité des formes, des lignes, des gabarits. Difficiles de dire si les autres pierres se sont faits tailler en fonction de la petite ou le contraire. Je suis unique et pourtant dans nos communautés, combien de fois, on voudrait me formater au gabarit officiel et selon le standard accepté par le plus grand nombre. Ce qu’il faut aussi admettre, c’est que construire selon la vision et la dextérité des incas demande … d’avoir l’éternité devant soi ! On préfère les murs de briques, ça va plus vite !

7. En réalité, c’est probablement un mur construit, bien des années après la civilisation des incas. Mur récupération: on y met tout ce qu’on peut trouver à portée de main et on fait vite pour boucher un grand trou à la fois ! Nos églises ressemblent souvent à ce genre d’assemblages. Pourvu que tu sois pierre, on trouvera bien une place pour toi !

8. Eglise-construction, église-qui-montre-le-chemin. Je m’imagine volontiers que les murs spirituels de la communauté chrétienne permettent de m’y appuyer. A l’image d’un aveugle qui chercherait son chemin en s’appuyant sur un mur.

9. L’église pose des limites. Dieu n’est pas partout et dans tout comme dans certains cultes animistes. L’église se dresse pour signifier qu’il y a des espaces spirituels, des remparts, mais que Dieu nous laisse aussi un grand champ de liberté. On est dedans ou dehors et pourquoi pas dedans et dehors ? Etre dans le monde sans être du monde !

10. L’église porte d’entrée pour le paradis. Pour la franchir, il faut se baisser. Ce n’est pas un portail luxueux, même si nos cathédrales nous font penser le contraire. Elle paraît plutôt insignifiante, dénuée d’intérêt et pourtant …

11. Veux-tu entrer dans une construction qui dure ? Veux-tu devenir pierre qui porte, supporte, bloque ou préfères-tu rester pierre qui roule ? Il n’y a que les édifices spirituels qui entrent dans l’histoire éternelle. Toute pierre qui n’entre pas dans une construction est « perdue » pour le constructeur !

12. Terrible image finale et qui semble contredire le commentaire précédent. Ces belles constructions incas n’ont pas résisté à la conquête espagnole. On estime que la conquête a pu se faire parce que les espagnols ont largement profité des dissensions internes à l’empire inca.
A méditer !


 

  Pour décharger et visionner le diaporama des constructions incas (Bouton droit de la souris + enregistrer sous...).
  Module d'animation
pour organiser quatre semaines d'écoute de la Bible à partir d'un enregistrement audio, jumelées à des prédications
© Photos: Henri Bacher
 
  Pour d'autres sujets de prédication