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Technique de
prédication |
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| [Développement] |
Il s’agit de mettre en place une forme de prédication alternative, durant la messe du dimanche, pendant un temps spécial (Carême, Avent, mois de juillet ….). La prédication prendrait la forme de questions - réponses. Exemple: le dimanche 17 du mois X, à la fin de la messe, on explique le projet aux fidèles. On leur donne, pour ceux qui le veulent, les textes du dimanche suivant, en leur disant que leurs questions sur ces textes sont les bienvenues. Les questions peuvent être envoyées jusqu’au jeudi 21 minuit, par mail, par courrier ou sur un papier remis à la porterie ou directement à un frère. Un frère est chargé de rassembler toutes les questions et de les mettre au propre sur un document unique. Ce questionnaire est ensuite transmis dans le courant de la journée du vendredi 22 au(x) frères(s) chargé(s) de la prédication du dimanche 24, afin qu’il(s) puisse(nt) voir si telle ou telle question l’ (les) intéresse. (Ces frères peuvent aussi se réunir, de manière formelle, ou informelle à table, pour en discuter et mettre au point une stratégie commune de sélection des questions et de coordination des réponses). Le dimanche 24, un ou plusieurs frères répondent chacun leur tour aux questions qu’ils auront eux-mêmes sélectionnées et mises dans un ordre précis. Avant chaque réponse, la question sera bien entendu transmise oralement aux fidèles. Sur quoi porteront les questions ? A mon avis, il faut qu’elles portent principalement sur les textes du dimanche 24, mais rien n’empêche qu’elles portent, par exemple, sur le temps liturgique qui sera choisi (quel est le sens du Carême, du jeûne, de l’Incarnation … ?). Les questions non retenues pourront faire l’objet d’une réponse particulière (par email, par SMS ou un autre moyen de communication).
1) Dans cette technique, l’expression « prédication communautaire » prend du sens. Indépendamment même de ce qui est dit, ce témoignage est à lui seul une prédication. On peut parler dans ce cas de prédication communautaire parce que la prise de parole se fait à plusieurs, mais aussi parce que la préparation peut se faire à plusieurs. C’est donc bien la communauté qui prêche et les frères n’en sont individuellement que les porte-parole. 2) Cette forme de prédication permet d’adopter un style oral indispensable à toute prédication homilétique. Une prédication sous forme de questions - réponses permet d’évacuer plus facilement, pour tout le monde et avec moins de stress, la prédication « lecture à voix haute d’un texte écrit dans un style écrit » qui n’est pas adaptée à une forme de communication orale. Plusieurs frères m’ont dit qu’ils ne se sentaient pas capables de prendre la parole en public (sans lire), notamment dans le cadre d’une homélie, mais qu’ils étaient capables de le faire pour répondre à une question d’un public, même dans le cas où la réponse qu’ils font est peu développée. 3) Une homélie à plusieurs voix sous forme de questions - réponses permet à l’auditoire de suivre plus facilement la trame qui lui est proposée. En effet, il faut bien reconnaître que certaines de nos homélies se prêtent assez bien à un décrochage, du fait notamment de leur absence de structure visible: la structure sous-jacente est sans doute évidente pour le prédicateur mais elle ne l’est pas forcément pour son auditoire. Ce risque existe d’ailleurs pour les homélies de style oral comme pour les homélies de style écrit. On comprend bien les mots utilisés par le prédicateur, et même parfois ses phrases, mais où veut-il en venir ? On reste sur sa faim après l’homélie … de quoi nous a-t-on parlé au fait, et pourquoi le prédicateur, à tel moment, nous a-t-il dit cela ? Avait-il finalement un objectif en prêchant aujourd’hui ? La prédication sous forme de questions - réponses évite cet écueil (au moins elle le minimise). Le contrat avec l’assemblée est claire: il y a une question et il faut y répondre. 4) Une prédication sous forme de questions - réponses permet aussi d’attirer l’attention de l’auditoire et d’augmenter sa concentration. En effet, l’esprit humain a naturellement tendance à être paresseux et à relâcher sa concentration. Or, une prédication sous forme de questions - réponses permet d’exciter à l’avance la curiosité du public. Si cet exercice ne faisait finalement qu’inciter les fidèles à avoir lu les textes du dimanche avant de venir à la messe, cela serait déjà une réussite. En outre, les sciences cognitives ont bien montré qu’on est beaucoup plus efficace face à un texte, un conférencier …. quand on arrive face à lui avec des questions. Les techniques de lecture rapide enseignent par exemple au lecteur, avant de lire un livre ou un chapitre, de mettre par écrit pendant 5 minutes, toutes les questions qui lui viennent à l’esprit concernant le sujet qui va être traité. La concentration, la mémorisation et la vitesse sont alors considérablement accrues. 5) Enfin, cette technique permet évidemment de partir des interrogations des fidèles. Les questions que le prédicateur se pose sont sans doute fort intéressantes, mais sont-elles vraiment les questions que les fidèles se posent ? A plus long terme, ce projet permettra d’ailleurs aux frères de se faire une idée des questions que des chrétiens « de base » se posent face aux textes liturgiques (par le biais de leur apostolat, les frères ont déjà bien sûr des sources d’information en ce domaine, mais cette forme de prédication ne pourra que leur permettre d’approfondir leur connaissance du « terrain »). Bien entendu, les questions seront sélectionnées et il ne suffit pas qu’une question soit posée par un fidèle pour qu’elle soit « légitime » ou qu’elle s’intègre dans la cohérence de l’homélie à plusieurs voix qui sera donnée. Rien n’empêche non plus un frère, d’ailleurs, de proposer une question dans la liste qui sera établie le vendredi 22.
1) Un jeu télévisé type « Questions pour un champion ». Il est évident qu’il n’y a pas une « bonne » réponse qu’il s’agirait de donner à l’auditoire de manière expéditive. 2) Une joute oratoire type « Questions au gouvernement ». Les questions sont connues à l’avance et les réponses sont donc mûrement réfléchies. Il ne s’agit donc pas d’être interpellé en direct-live par une personne de l’assemblée et de donner une réponse dans une pure spontanéité. 3) Un partage d’évangile. Il ne s’agit pas de permettre à chacun de faire remonter son vécu. Ce sont bien des frères, qui se sont préparés et qui ont travaillé, qui prennent la parole sur des questions auxquelles ils ont réfléchi parfois depuis plusieurs années. En outre, les questions pourront être sélectionnées de telle manière que le propos global ait une cohérence |
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