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Une église |
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| [Développement] |
Avant que le couperet ne tombe d’une manière dramatique, cette forteresse s’est stabilisée autour de deux points d’ancrage: celui du pouvoir qu’elle détient de par sa position, ses infrastructures, son commerce et celui de la sécurité derrière ses murs. De plus, elle est très bien organisée, décadence ne rime pas forcément avec désordre: ses policiers repèrent très vite que dans la maison de Rahab, il y a des gens qui ne devraient pas y être. Le renseignement, la CIA de l’endroit fonctionne donc bien et montre que cette ville n’était pas laissée à elle-même. De plus, sa « gendarmerie » lance des patrouilles à l’extérieur pour débusquer les espions en fuite. C’est un monde rigide, avec une longue histoire et apparemment très policé. 2.
Celui des Israélites |
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Ou plutôt, il faudrait dire, une femme entre deux mondes. Elle fait partie de la forteresse, mais elle s’est liée avec le monde nomade. Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre d’elle, elle a choisi son camp. Elle n’est pas restée indécise. On dira qu’elle a été inspirée par Dieu. Ce qui est sûr, mais l’inspiration n’est pas quelque chose qui vous tombe dessus sans crier gare. Elle a sûrement entendu parler de ce peuple. Les voyageurs lui ont décrit les coutumes et les comportements des Israélites. C’est une femme, qui, à côté de l’inspiration, avait du flair, de l’intuition, qui était renseignée. Elle savait que le monde des nomades allait bousculer celui de la forteresse. Une constante dans l’histoire humaine: Rome s’est fait saccager par les «barbares», des nouveaux venus comme les réformés qui sont arrivés dans les manches des humanistes, à la fin du Moyen-Âge, ont mis à mal les catholiques, les «réveillés» de la fin du XIX siècle, ont fait plonger les réformés un siècle plus tard. Il n’y a pas que sur le plan religieux que le phénomène s’observe. En peinture, les impressionnistes et d’autres courants modernes ont balayé la vieille peinture pompeuse et sombre. La peinture de ces nouveaux venus sur la scène artistique a été méprisée, alors que c’est elle qui s’offre aujourd’hui les plus beaux musées du monde. Le courant post-moderne est un monde «barbare» à nos yeux, méprisable, «nomade», mais c’est ce monde qui va nous absorber. Inutile de fortifier la forteresse. Du reste, ses murs sont en train de s’écrouler, sous l’effet d’une décadence interne. Rahab
pourrait devenir une figure de l’église actuelle. Elle a du flair et
elle s’intéresse à ce monde «nomade», barbare. L’erreur, ce serait de
vouloir transformer les barbares pour les assimiler et les réintégrer
derrière le mur de la forteresse, dans une église bien structurée et
établie de longue date. Ne me faites pas dire, ce que je n’ai pas
voulu dire: je ne prône pas que les «barbares» soient acceptés tel quel
avec leurs «barbaries». D’ailleurs l’église devrait toujours s’habituer
à vivre entre deux mondes. Elle devrait contester et son passé et son
avenir et ne pas se laisser assimiler par personne. |
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a) Curiosité, flair, ouverture et connaissance de son milieu de vie L’église doit développer une attitude de curiosité. Elle doit être ouverte à d’autres courants, mais elle doit aussi rester en dehors par rapport à son contexte socio-culturel. Dieu a choisi une marginale comme Rahab pour ouvrir une brèche et comme église nous devrions être attentifs aux marginaux. Quand je parle de marginaux, je ne pense pas forcément à des personnes qui n’arrivent plus à s’insérer dans un tissu social, mais plutôt à des personnes qui semblent excentriques, spéciales, différentes et qui vivent d’une manière hors norme. L’artiste est souvent un marginal. Il est porteur de nouveauté. Il révèle l’invisible. Jean-Baptiste était un marginal. On dirait aujourd’hui un original. Jésus n’a pas puisé ses disciples dans l’establisment religieux de son époque, mais parmi des «marginaux» venant de la Galilée. Que peut-il venir de bon de Galilée (Jean chapitre 1 verset 46)? Jésus, lui était un marginal par rapport au système religieux. b) Prise de risques C’est peut-être l’enseignement le plus flagrant de cette histoire. Rahab a pris des risques énormes, rien que sur des promesses faites par des hommes ayant fréquentés son «bordel»! L’église doit prendre des risques. Risques d’être mal vue par les autres églises alentours, risques de se tromper et de miser sur le mauvais cheval. Mais Dieu prend aussi des risques avec nous, pourquoi nous, on n’en prendrait pas avec les autres? c) Apprentissage de la vie entre deux mondes Comme Rahab, nous ne pouvons pas quitter notre «forteresse» du jour au lendemain. Comment l’église peut-elle vivre entre ces deux mondes? Celui qui la nourrit, au sens propre comme au sens figuré et celui dont elle ne discerne pas encore les vrais contours? Aujourd’hui nous devons apprendre à ne pas construire un futur comme si l’avenir était dans la forteresse, même décadente. Nous ne pouvons non plus recycler nos théologies, notre éthique pour ce monde entre deux, il nous faut développer une théologie «entre-deux», puisque nous ne pouvons même pas savoir quelle forme et quel contenu aura le nouveau monde: une théologie de l’éphémère, de l’instable, de l’insécurité, mais sûrement une théologie de l’espérance. Dans ce nouveau monde l’évangile aura sa place, comme il l’a ou l’a eu dans la forteresse. d) Développement d’expériences de précurseurs La Réforme, par exemple, n’est pas un mouvement qui est né par génération spontanée, du jour au lendemain. Il y a eu des précurseurs comme Jean Hus à Prague ou un Pierre Valdo à Lyon. Jésus, lui-même, avait, en Jean-Baptiste, un prophète qui lui a préparé le terrain. C’étaient des personnages du monde «entre-deux». Nous devons favoriser des expériences ecclésiales et communautaires qui prennent en compte le monde «nomade» tout en sachant que ces nouvelles formes d’expériences religieuses ne seront probablement pas les standards pour le futur. Nous ne pouvons pas nous économiser le tâtonnement et surtout il faut apprendre à ne pas investir massivement en argent et en temps dans des activités qui seront déjà dépassées dans une décennie. |
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Conseil: |
a) Du point de vue communautaire - Comment élaborer une stratégie d’église pour un monde «entre deux»? - Quelles priorités? - Pourquoi vaut-il la peine de se battre? - Que faudra-t-il enseigner? - Sur quels points d’éthique va-t-on mettre l’accent? - Quels thèmes de prédication va-t-on mettre en avant? - Quels types d’appels va-t-on adresser aux non-chrétiens? Un appel en relation avec l’esprit «forteresse», l’esprit «entre-deux» ou l’esprit «nomade»? b) Du point de vue personnel - Comment construire sa vie et celle de sa famille dans un monde «entre-deux» en pleine mutation? - Quelles sont les valeurs essentielles pour le monde «entre-deux»? - Quels types de relation faut-il construire entre deux personnes? - Quelles sont les convictions que je dois laisser tomber et quelles sont celles que je dois mettre en avant? - S’il y a seulement une chose que je devrais inculquer à mon fils ou à ma fille, quelle est cette «chose», cette attitude? - Si je devais laisser quelque chose à ma descendance de quoi s’agirait-il? - Que puis-je faire pour préparer les chemins du Seigneur à l’image d’un Jean-Baptiste? |
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pour organiser quatre semaines d'écoute de la Bible à partir d'un enregistrement audio, jumelées à des prédications |
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Pour d'autres sujets de prédication | |
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