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contenu de l'article:
Eglise - entreprise - entrepreneur -business avec l'église - activités
commerciales dans le cadre de l'église
L’église a souvent fluctué entre son
allégeance au pouvoir et sa contestation de celui-ci.
Dans notre monde occidental, ce n’est plus le pouvoir
politique qui domine, mais bel et bien le pouvoir économique.
Seulement, voilà ! Le problème, c’est que tous les
entrepreneurs ne sont pas des «Christ» en puissance et il faut un
contre-pouvoir pour que le monde économique garde ses limites et comprenne
l’étendue de son pouvoir.
Les pouvoirs ne sont
pas interchangeables. Chacun a son rôle à jouer. Si l’entreprise se met
à jouer à être église, elle va s’appauvrir et disparaître. Elle ne peut
pas fonctionner comme une œuvre de bienfaisance, même si elle participe
indirectement ou directement au bien-être de la population.
L’église et l’entreprise sont comme deux
lignes de trains qui se croisent et vont chacune à l’opposé de l’autre.
Le train de l’église s’en va vers sa destination phare: servir les
pauvres! L’économie se dirige vers le pôle de la richesse.
Je m’imagine volontiers le train montant qui dépose
des marchandises sur les quais communs de la gare, pour celui qui
descend.
Conseils aux entrepreneurs:
1. Lorsque vous êtes dans une relation marchande avec l’église,
c’est-à-dire chaque fois que vous faites payer une de vos prestations,
gardez strictement votre rôle de marchand. Ne jouez pas sur deux
tableaux: à la fois comme marchand et à la fois comme « ministre » ou
personne engagée au service de l’église. Il y va aussi d’un certain
respect pour ceux qui travaillent à plein temps dans l’église et qui ne
sont que des salariés, pour ceux qui y sont bénévoles, alors que vous
possédez une entreprise et que vous gagnez de l’argent avec leur
engagement (même si ce n’est pas le Pérou).
2. Evitez de vendre vos prestations, en profitant des manifestations
organisées par l’église.
3. N’utilisez pas des symboles chrétiens comme faire-valoir pour votre
marchandise ou votre activité commerciale (le poisson, par exemple).
4. Ne mettez pas la faute sur le dos des chrétiens, lorsque vous ne
gagnez pas beaucoup au contact de l’église, surtout si vous êtes nouveau
dans le business. La plupart des entreprises non liées à l’église ont
autant galéré que vous, avant d’être bénéficiaires. Un chanteur voudrait
tout de suite réussir dans l’église, alors que ses confrères
non-chrétiens mettent souvent des années pour arriver à vivre de leur
art. Ce n’est pas à l’église de payer pour le développement d’une
entreprise privée quelle qu’elle soit.
Conseils à l’église
1. Faites ce que Dieu vous demande et non
ce que votre cœur a envie. L’église fait souvent appel aux entrepreneurs
pour réaliser des rêves que Dieu ne lui a pas imposés. La pauvreté est
une vertu biblique et un modèle de vie. Apprenez aussi à réfréner vos
ambitions et à ne pas vivre au-dessus de vos moyens.
2. Si vous demandez au commercial de respecter votre espace, respecter
aussi le sien, payez-le selon les prix du marché et ne mendiez pas des
baisses substantielles sous prétexte qu’il a l’église comme client et
que c’est un frère.
3. Ne faites pas de troc: encart publicitaire contre finances. Qu’aurait
fait Jésus, en voyant une affiche publicitaire sur les murs du parvis du
temple? Pour un institut de change, par exemple? La publicité est une
activité commerciale et non philanthropique. Le commerçant attend un
retour sur investissement.
4. Ne vous laissez pas dicter le contenu de vos prestations et de vos
activités par le marchand.
5. Ne prenez pas dans vos conseils d’organisations à but non lucratif,
des entrepreneurs trop proches de votre sphère d’activité.
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Le rôle des pouvoirs
Le monde en général est régi par des pouvoirs et des autorités instaurées
par Dieu. Sans cette structuration, une société ne peut pas vivre. Je pars
donc de cette notion de pouvoir « bon », en faisant abstraction de toutes
les déviances, les usurpations, les malentendus liés à la pratique de
l’autorité. Or, pour que ces autorités puissent fonctionner normalement et
remplir leur rôle de régulateur, il faut les séparer, les rendre autonomes,
l’une par rapport à l’autre. Si le pouvoir politique chapeaute en même temps
les décisions de la justice, c’est le début de l’arbitraire. D’où la lutte
farouche des magistrats pour rester libre vis-à-vis de l’appareil politique.
Plus les pouvoirs se concentrent sur une seule institution ou sur une seule
personne, plus il y a risque de manipulation et de dictature. Mieux les
pouvoirs sont répartis, même dans des institutions qui se concurrencent,
plus on s’approche de la démocratie.
L’église a souvent fluctué entre
son allégeance au pouvoir et sa contestation de celui-ci. Aujourd’hui,
nous avons encore des églises d’état au milieu d’une majorité de
communautés qui se sont libérées du poids de celui-ci. Or, nous savons
tous par expérience, que lorsque l’église perd son autonomie, elle perd
aussi souvent son âme.
Tous les entrepreneurs ne sont pas des "Christ"
Dans notre monde occidental, ce n’est plus le pouvoir politique qui
domine, mais bel et bien le pouvoir économique. On sait très bien que
les élections sont plus souvent téléguidées par des options économiques
que par des enjeux politiques ou même religieux, quoi qu’on en dise. Qui
est-ce qui conteste la suprématie de l’économie? L’église a plutôt un
profil bas dans cette confrontation, laissant aux alter-mondialistes le
soin d’occuper le haut du pavé.
Il est important d’affirmer que le développement de l’économie est un
bienfait pour la société, surtout, lorsqu’il est bien maîtrisé et géré
par ses promoteurs. La société est stabilisée par des entreprises saines
et prospères où tout un chacun profite de la richesse commune. C’est
donc un facteur d’équilibre et il faut se réjouir lorsque des chrétiens
se lancent dans le business. Qui d’autre qu’eux peuvent le faire d’une
manière exemplaire et efficace, sans exploiter leurs employés? La
prospérité et l’enrichissement sont tout aussi bibliques que le
renoncement et l’esprit de pauvreté. Tout ce qu’on espère lorsqu’un
ivrogne sort du caniveau, c’est qu’il puisse aussi évoluer du point de
vue économique; dire qu’une personne «s’en est sortie» passe aussi par
un aspect matériel.
Seulement, voilà ! Le problème,
c’est que tous les entrepreneurs ne sont pas des «Christ» en puissance
et il faut un contre-pouvoir pour que le monde économique garde ses
limites et comprenne l’étendue de son pouvoir.
Service ou commerce?
Les pouvoirs ne sont pas interchangeables. Chacun a son rôle à jouer. Si
l’entreprise se met à jouer à être église, elle va s’appauvrir et
disparaître. Elle ne peut pas fonctionner comme une œuvre de
bienfaisance, même si elle participe indirectement ou directement au
bien-être de la population.
Quand l’économie emploie le
terme de service (société de services par exemple), elle galvaude un
terme chrétien. Une prestation liée à une rémunération n’est plus un
service selon l’esprit de la Bible. Lorsque l’apôtre Paul parle de
l’ouvrier qui doit recevoir un salaire pour son travail, c’est dans
l’optique du partage de ressources entre chrétiens pour accomplir la
mission commune. Ce n’est pas lié à l’enrichissement et à la prospérité
matérielle. Lorsque les entreprises s’intéressent à l’église, elles le
font dans des domaines qui rapportent ou qui sont susceptibles de
rapporter. La mission, l’humanitaire sont rarement pris d’assaut par des
entrepreneurs, tandis que le secteur des loisirs et de l’éducation
(musique, vacances, croisières, voyages, littérature, internet, jeux
électroniques, etc.) le sont beaucoup plus. Lorsqu’un entrepreneur
sponsorise une manifestation chrétienne, il ne fait qu’utiliser l’un des
principaux instruments de marketing des sociétés actuelles. Rien de
chrétien! Par conséquent, si l’église vient manger dans la main du
commercial, pour subvenir à ses besoins, elle ne peut guère le contester
et le remettre à sa vraie place. C’est comme le magistrat qui est
noyauté par les politiques qu’il est censé juger.
D’un autre côté, si l’église se
transforme en entreprise, par exemple, en monnayant ses prestations,
elle rate sa vocation de servir avant tout les plus pauvres. Ce qui ne
veut pas dire que les deux ne peuvent pas emprunter des aspects, des
valeurs, des techniques de travail propre à l’autre. Il s’agit plus de
but et de vocation, que d’organisation ou de techniques de travail.
L’église est un espace de service (là où l’on perd du temps, de
l’argent, de l’énergie, pour les autres). La boîte qui fait du commerce
se place sur un espace commercial (là où l’on doit gagner de l’argent
pour survivre, n’étant pas subventionné par des dons).
L’église et l’entreprise sont comme deux lignes de trains qui se
croisent et vont chacune à l’opposé de l’autre. Le train de l’église
s’en va vers sa destination phare: servir les pauvres! L’économie se
dirige vers le pôle de la richesse. Dieu ne nous a pas créés pour
devenir pauvre, mais pour prospérer y compris sur le plan matériel.
L’appel à la pauvreté et à l’humilité a été lancé pour contrebalancer le
pouvoir d’un système économique qui fonctionne en roue libre par rapport
à Dieu. C’est un régulateur pour la société et l’église en est le
dépositaire principal.
Je m’imagine volontiers le train
montant qui dépose des marchandises sur les quais communs de la gare,
pour celui qui descend. Certaines entreprises ont mis sur pied des
fondations pour matérialiser cet acte de partage. Je vois aussi des
chrétiens, qui tantôt voyagent dans le train qui monte et tantôt
s’installent dans celui qui descend. Chaque fois, il faut qu’ils
changent de mentalité. Dans l’un, c’est un gagneur, c’est ce qu’on
appelle avoir un esprit d’entreprise et dans l’autre c’est un « perdeur »
(pas un perdant!). C’est ce qu’on appelle avoir un esprit de service ou
je dirais un ministère. On ne parlera jamais de ministère
d’entrepreneur, alors pourquoi le commercial, lorsqu’il vend ses
prestations à l’église, se dit avoir un ministère?
Bien sûr, il y a toutes les nuances possibles, mais il est important de
ne pas mélanger les espaces et les genres. Et singulièrement, les
contours s’estompent. Si nous ne faisons pas attention, l’église sera
mangée par l’économie, comme elle a été mangée, en son temps, par les
politiques, les rois, les princes. Vous, les entrepreneurs chrétiens du
voyage, de la chanson, du spectacle, de l’internet, de la vidéo, de la
télé, soyez des gagneurs, mais de grâce, ne nous demandez pas de faire
monter l’église dans votre train! Et, si vous venez dans le nôtre,
redevenez de simples chrétiens désireux de servir et laissez votre
business sur le quai de la gare.
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