![]() |
||
|
|
||
![]() |
|
|
|
|
||
|
|
||
|
|
||
![]() |
C'est l'avenue la plus importante du quartier et elle se continue jusque dans le quartier des Loisirs. C'est un axe porteur, fédérateur. L'émotion ce n'est pas seulement les sentiments ou ce qu'on appelle vulgairement les "tripes", c'est un autre mode de fonctionnement basé sur l'intuition, l'approche holistique de la réalité. Ainsi, pour comprendre le monde où l'on vit, on s'y immerge, on s'y baigne. On ressent les choses. On raconte que dans le Pacifique sud les navigateurs peuvent rejoindre une île qu'ils ne voient pas, rien qu'en observant la position des étoiles, du soleil, en jaugeant la vitesse et la direction du vent et d'autres phénomènes naturels. Ils n'utilisent ni sextant, ni boussole ni carte maritime et pourtant ils arrivent à bon port. C'est sûr qu'on ne peut pas tout appréhender avec l'émotion et une horloge ne se construit pas sur une base émotionnelle. |
|
|
L'archevêque représente le pouvoir central de ce quartier. Son lieu de pouvoir se trouve dans la cathédrale qui domine la ville et se voit de loin. Toute la vie politique, culturelle et artistique est régie par ce pouvoir. Le roi se fait introniser par le pape, les artistes produisent majoritairement des oeuvres religieuses. |
||
|
Cette rue est intentionnellement circulaire autour de la cathédrale. Même si on allait à Compostelle, ce n'était pas pour échapper au système religieux de ce quartier, mais pour s'en imprégner encore davantage. On marchait en méditant autour d'un pivot central représenté par la foi en Dieu et dans l'église. A nouveau, on appréhendait la spiritualité sous l'angle de l'émotion. On ne pensait pas forcément Dieu en marchant, mais on s'en imprégnait, on l'expérimentait au travers des épreuves et des rencontres sur le chemin. Alors que le pèlerin parcourait parfois des milliers de kilomètres et qu'il rencontrait d'autres cultures et d'autres modes de vie, il n'était que rarement un générateur de renouveau dans l'église. Même si on va à l’autre bout de l’Europe, on reste mentalement dans le giron de l’église, peut-être aussi parce qu'elle quadrillait toute l'Europe! C'est paradoxal de constater que le
pèlerinage engendre plutôt le conservatisme que l'éclosion de nouvelles
spiritualités! Les plus grandes conquêtes spirituelles sont parties des
monastères ou des ermitages (par exemple l'abbaye de Cluny en Bourgogne), lieu de sédentarité par excellence! |
||
|
Le nom de cette rue semble incongru, mais il reflète l’atmosphère et la grande problématique qui régnait surtout à la fin du Moyen-Âge dans cette partie de la ville. Les gens avaient peur de l’enfer. Une partie du pouvoir des prêtres, s’est d’ailleurs construit sur la gestion de cette peur qui a culminé avec les indulgences vendues par le moine Tetzel. Ce fut un des déclencheurs de la Réforme luthérienne. Les gargouilles de nos cathédrales, avec leurs têtes hideuses de monstres, sont un autre exemple de cette angoisse de la mort et de l’au-delà. Beaucoup de gens fortunés donnaient une partie de leur bien pour acquérir le salut. Les Réformateurs installés dans le nouveau quartier de l’Université, prendont le contre-pied en annonçant que le salut est gratuit et que Dieu fait grâce, d’où aussi le succès de leur prédication. |
||
|
C’est une des rues les plus importantes. En forçant un peu le trait, on pourrait dire que le chrétien n’est sauvé que parce qu’il appartient à une communauté et de surcroît "catholique" pris dans le sens "universel". Bien sûr, dans les faits, c’est la communauté dont le pape est le chef spirituel. Le croyant est intégré dans un corps, celui du Christ. Sa foi, il l’acquiert en s’immergeant dans la communauté et le baptême est l’intégration dans une communauté tant spirituelle que physique. En mettant le poids sur l’individu et sa réponse personnelle à Dieu, les réformateurs ont également pris le contre-pied dans ce domaine-là. Dans la pratique et non dans la théologie d’un Luther ou d’un Calvin, on peut être chrétien seul, sans le secours de la communauté et le postmodernisme a sensiblement renforcé cette attitude-là! Le chrétien et sa Bible, contre le chrétien et sa communauté! |
||
|
Bien des théologiens catholiques arriveront toujours à vous expliquer, d’une manière convaincante, le rôle bienfaiteur des images et leur importance dans la compréhension et la transmission de l’évangile, mais qu’en est-il du simple croyant? C’est bien là que le bât blesse et c’est peut-être les déviances liées aux images qui ont le plus contribué à l’émergence du protestantisme. Le catholicisme est devenu religion populaire au travers de ses images, qui au contact d’autres religions, spécialement animistes, ont été souvent détournées pour servir d’autres dieux tout en leur gardant les noms et les appellations d’origine. |
||
|
Dans le quartier de la cathédrale on adhère plus à une communauté, à un « corpus », à des pratiques qu’à des doctrines. L’adhésion se fait par le cœur plus que par le raisonnement intellectuel, ce qui ne veut pas dire que dans les monastères on ne raisonnait pas! |
||
|
C’est l’activité que nous connaissons le mieux, puisqu’elle est encore pratiquée de nos jours. Un croyant ne peut participer à la communion sans avoir passé par le confessionnal. C’est aussi celle que nous connaissons le mieux grâce aux nombreux films qui nous mettent en scène un prêtre qui confesse ses ouailles. C’est à la fois un instrument de libération (du poids de la culpabilité) et un instrument de pouvoir entre les mains du professionnel de la foi. Ce que personnellement je reproche à la confession, c’est sa systématisation, alors qu’elle devrait être pratiquée dans une totale liberté. Dommage, que du côté protestant, elle soit passée aux oubliettes! Dans bien des cas, avoir le secours d’un confesseur, soulagerait bien des consciences. |
||
|
|
||
|
Tout naturellement, le fait que l’Ecole prenne de la hauteur et de l’ampleur, va aider au développement de l’enseignement qui ne prendra son véritable essor que de l’autre côté, au contact des imprimeurs. Cette rue va profondément et durablement influencer l’occident. De l’initiation aux choses spirituelles, on va, par exemple, passer à l’enseignement (scolaire) de celles-ci. |
||
| Au sujet des
ponts Dans ma démonstration, les ponts ont parfois une connotation négative. Le pont ne permet pas de s’immerger dans l’eau, mais de l’enjamber. L’habitant de Christopolis a souvent peur de se mouiller dans "l'eau du Christ"! |
Les humanistes seront littéralement les têtes de pont de la Renaissance à l’origine du nouveau quartier de l’Université. |
|
|
Ce pont-là fait office de charnière entre le Moyen-Âge et le peuple des imprimeurs. Nous n’aurions jamais eu accès à la Bible, sans le travail acharné, minutieux de ces moines qui ont recopié les Saintes Ecritures. Ils n’ont pas volé l’expression « Travailler comme un bénédictin ». Sur ce pont, je mettrais des enjolivures, des enluminures sculptées dans la pierre. Lorsque les protestants accusent les catholiques d’avoir complètement négligé la Bible, ils devraient se souvenir des ces « bénédictins »! |
||
|
Là aussi, c’est un pont qui joint deux quartiers. Ce pont donne directement dans le monastère, l’endroit idéal, selon la chrétienté du Moyen-Âge, pour méditer. De plus en plus de postmodernes du quartier des Loisirs passent sur ce pont pour goûter à la tranquillité du monastère. La « lectio divina » plus connue sous le nom de l’école de la Parole, développée par la communauté monastique de Bose et fort prisée par un certain nombre de protestants et de catholiques, illustre parfaitement cette démarche. |
||
|
Le catholique se signe, s’agenouille, fait des génuflexions, joint les mains. Lors des grands pèlerinages, il peut même se traîner à genoux, se flageller ou s’entailler. Le quartier de l’Université a réduit au maximum la gestuelle, ne laissant quasiment que les mains jointes et les yeux clos, le quartier des Loisirs et l’évangélique postmoderne, grâce à la musique rock, a redécouvert qu’il avait un corps. Il balance ses bras et son corps au rythme de la musique et non plus selon une norme liturgique. C’est les esclaves noirs, chantant les négros spirituals et les pentecôtistes qui, les premiers, ont remis sur les rails une nouvelle gestuelle liée à la musique. Les premiers rockers comme Elvis Presley ont copié des prestations ecclésiastiques dans les églises pentecôtistes du sud des Etats-Unis, avant d’en faire un standard non-chrétien. Ce pont relie deux quartiers qui sont finalement très proches l’un de l’autre, même si les expressions physiques diffèrent. Dans nos églises évangéliques la gestuelle tend parfois à prédominer dans nos rencontres et on mesure très souvent l’intensité de sa spiritualité à la manière dont on se trémousse lors du moment de louange. |
||
|
Dès le 12ème siècle, avec le développement des écoles et universités sur l’ensemble de l’Europe, le haut du quartier s’est peu à peu transformé. Les réformateurs l’ont fréquenté assidûment. Ses rues se sont largement inspirées de ce nouveau standard culturel émergent qu’était l’école. Les foyers de réflexion et d’investigation intellectuelle se sont déplacés du monastère vers les écoles et les universités et ils sont devenus peu à peu des lieux de contestation du pouvoir central représenté par l’église catholique. C’est dans ces universités que naît le mouvement des humanistes animé par des têtes pensantes comme Lefèvre d’Etaples ou Erasme de Rotterdam. On reproche d’ailleurs à ce dernier d’avoir pondu l’œuf que Luther a couvé. |
||
|
Conférences |
par Henri Bacher Voyagez, visitez les cathédrales et "lisez" le message de l'évangile sculpté dans la pierre. Et pourquoi pas y emmener votre groupe d'étude biblique, Bible en main, étudier le texte sacré, transmis d'une façon visuelle par nos prédécesseurs? |
|
|
par Henri Bacher L'histoire culturelle de l'église simulée sur une façade de cathédrale |
||
|
Visite recommandée |
Une excellente présentation en flash d'un vitrail de la cathédrale St Etienne de Bourges. |
|
![]() |
||
|
|
||
|
|
||