Peut-on considérer l'auditeur-spectateur
d'un message comme un "client" qui a un certain nombre d'exigences?
Faut-il en tenir compte? Jusqu'où peut-on aller?
Chaque feuille Arbox complète peut se
classer et s'archiver et ainsi vous pourrez mesurer l'évolution et la pertinence de votre
prédication.
Applications complémentaires:
Il est tout à fait possible d'appliquer la technique de l'Arbox à
d'autres activités de la communauté. Le conseil de communauté peut
plancher au début d'une année sur les objectifs à long terme. Dans ce cas,
le résultat du point 5 ne sera pas un message, mais des d'objectifs
mesurables. Les points 1 + 2 + 4 seront identiques. Au point 3, on pourra
peut-être donner plus d'importance au contexte ecclésiastique: rôle de la
fédération ou de la hiérarchie dont on fait partie, rôle des autres
communautés sur le secteur, influence des différents courants de pensée
théologiques, etc. |
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L'Arbox: description générale
C'est un schéma de travail qui comporte cinq sphères d'influence que vous
remplissez à la main. Une feuille de base au format papier A4 peut se
décharger ici (Souris>bouton
droit>enregistrer sous). Le prédicateur commence par préparer
son sermon ou son homélie en remplissant les différentes plages. Cet
instrument d'analyse lui permettra de mieux cibler son message, de
répondre aux vraies questions de ses auditeurs-spectateurs et surtout de
construire sa communauté à partir de la prédication. C'est une sorte de
radiographie des besoins du moment. Aucune sphère n'est supérieure aux
autres. C'est l'ensemble qui est important. Si une des sphères comporte
des lacunes d'analyse ou d'interprétation le résultat final peut en être
affecté. Il va sans dire que même si nous préconisons l'analyse et
l'interprétation comme méthodes de travail, nous n'excluons pas, pour le
remplissage des différentes sphères, les indications directes du St Esprit
sous forme de rêves, de visions ou de paroles prophétiques. L'un n'exclut
pas l'autre et l'analyse a également besoin d'être inspirée par l'Esprit
Saint.
L'Arbox: les différentes sphères
1. Quelle est la vision de Dieu pour ma communauté? Dans cette
partie, il y a un énorme travail de prières, de réflexion et de
consultations à effectuer. Généralement, c'est un travail de base qu'il
faut entreprendre au début de l'année. Certains pasteurs prêchent dans le
vide, parce qu'ils ne connaissent simplement pas où Dieu veut les mener.
Posez-vous les questions suivantes: quel est notre "pays promis"? Quel est le rôle de notre groupe de croyants, dans le cadre de la Cité?
Quelle est la mission que Dieu nous a confiée? Quelles sont les carences
de la communauté? Bien sûr, cette question de la vision de Dieu peut se
poser pour n'importe quel message à donner sans prendre en compte la
portée générale. Dans cette partie, les révélations du St Esprit sont
particulièrement utiles, mais n'oubliez pas de faire également marcher
votre réflexion, votre analyse et surtout la consultation communautaire.
2. Qui sont mes auditeurs? En économie on dirait: qui sont mes
clients? Parce qu'on adapte son produit en fonction de sa clientèle et non
l'inverse. Nous demandons trop souvent aux gens de s'adapter à ce que nous
avons envie de dire et nous ne savons même pas ce que le croyant à besoin, ou ce qu'il veut. Même le Christ a utilisé cette stratégie, avec, par
exemple, l'aveugle Bartimée: "que veux-tu que je fasse pour toi?" (Marc
10:51). Il ne s'est non plus privé d'une longue discussion avec la
samaritaine pour comprendre son mode de pensée. Le Christ, en s'incarnant,
s'est adapté aux hommes, il n'a pas demandé le chemin inverse. Bien sûr,
le pasteur est avant tout un porte-parole de Dieu, mais ça ne le dispense
pas de comprendre dans quel contexte il transpose cette parole. Souvent nous répondons à
des questions que les gens ne posent pas. Par exemple, si vous avez 90 %
de personnes âgées dans votre auditoire, vous n'allez pas aborder des
thèmes liés à la jeunesse. Pour être concret, vous devez définir l'âge
moyen de vos auditeurs, leur provenance socioculturelle, leur
problématique du moment. Vous devez vous figurer les personnes en face de
vous, chacun individuellement. Ça vous forcera aussi à rencontrer les
membres de votre communauté pour comprendre leurs attentes. Vous pouvez
par exemple organiser des enquêtes sur le mode "en prédication, que souhaiteriez-vous ou que
ne voulez-vous pas"? ou sur le mode rapide "ça va?, ça va pas!". Pour découvrir des carences vous pouvez par exemple
faire un sondage comme celui
réalisé par nos soins pour la lecture de la Bible. C'est un exercice à
renouveler très souvent. Généralement le pasteur se retire dans sa
bibliothèque pour préparer son sermon en consultant ce que les livres
disent sur la vie. Allez plutôt vous attabler au bistrot du coin pour
écouter la vie, où au PMU ou au ciné et surtout regardez la télé!
3. Quel est l'environnement socioculturel de mes auditeurs? C'est
encore un peu différent de la provenance socioculturelle. Par
environnement, je pense à ce qui se passe dans la société au moment où
vous allez prêcher. Cas extrême: vous n'allez pas gloser de la pluie de
l'arrière saison comme signe de bénédiction, alors que la commune a été
submergée par une trombe d'eau. Cet environnement est composé par les
modes du moment, les courants de pensée, les rumeurs urbaines, les
idéologies, les événements politiques ou religieux, les scandales, les
guerres et autres violences. Il est également en relation avec les mass-médias. En France, décemment, un prédicateur ne pouvait pas passer à
côté de la Coupe de Monde de football. La sortie du film "Le fabuleux
destin d'Amélie Poulain", que beaucoup de paroissiens ont vu, a été
l'objet pour nous d'une prédication
prenant en compte ce phénomène. Plus votre prédication
est incarnée dans la vie des gens et de leurs préoccupations plus elle
risque d'être retenue.
4. Quelles sont mes ressources? Ce domaine ne concerne pas
seulement le côté matériel: beamer, rétroprojecteur, illustrations,
documentation disponible sur le web (comme le site de Logoscom),
bibliothèque, journaux, etc. Il s'agit aussi des possibilités
personnelles. Un prédicateur ne maîtrise pas tous les sujets. Dans ce cas
et surtout si la prédication se fait en équipe, autant se partager les
rôles correspondant aux talents et à la formation de chacun. Pour les
ressources, il y a aussi le temps dont on dispose, surtout si c'est par
exemple durant un week-end complet avec plusieurs interventions. On peut
aussi y inclure toutes les possibilités de prendre la parole dans le cadre
de la communauté. Une prédication ne doit pas forcément se réduire à l'heure de culte. On pourrait imaginer que le thème de la prédication
soit traité durant une semaine dans toutes les activités: rencontre de
prières, d'études bibliques, de partage, groupes de maison, méditation
personnelle, etc. Autant de vecteurs pour renforcer le message de base.
5. Quel est mon message? Il est la résultante d'une combinaison
entre les quatre points précédents. C'est un travail de systémique. Vous
actionnez un système. Chaque composante du système influence l'autre. Vous
montez en chaire en sachant où vous voulez allez (la vision), en tenant
compte des attentes (les besoins), de l'environnement (les cadres) et de
vos possibilités (les contingences du moment). On pourrait aussi résumer
ainsi: Vers où? (1), Pour qui? (2), Dans quel contexte? (3), Avec quoi?
(4) et En communiquant quoi? (5). Le message est le coeur de l'Arbox. En
économie on dirait c'est le produit fini, mis à disposition du client.
Tous les points précédents peuvent se traiter sans suite logique, mais par
contre le cinquième est toujours le dernier. Il est clair que ce n'est pas
parce que vous avez un bon "produit" qu'il va se "vendre". Il faut encore
bien le distribuer et savoir comment le vendre! C'est un autre volet que
nous pourrez développer en suivant un de nos
cours de formation à la
prédication visuelle.
L'Arbox: évaluation
Les fruits de cet arbre ne sont pas visualisés. Ils doivent se retrouver
dans les 5 sphères. Vos auditeurs doivent mieux comprendre la vision de
Dieu pour leur vie, leurs familles, leur communauté (1). Ils vont se
développer personnellement parce qu'on répond à leurs besoins et à leurs
problèmes (2). Ils vont influencer en retour leur environnement
socioculturel (3). Ils apporteront plus de ressources (dans le sens large
du terme) à l'église (4) et le
message va s'étoffer, s'incarner davantage (5).
Faites régulièrement des tests pour savoir si vos prédications atteignent
leurs buts. Ne vous contentez pas des éloges ou des récriminations sous le
porche de l'église. |