Familles bénies?
Genèse 48.1-22
Genèse 49.22-26 ; Hb 11.20-21
(Version « Parole de Vie »)
par Henri Bacher


La famille peut se comparer à un arbre. Ce n’est pas pour rien qu’on emploie le terme « arbre » pour parler de généalogie. La famille ne se résume pas aux parents et aux enfants, mais elle englobe plusieurs générations, ainsi que des oncles et tantes ou des cousins et cousines. Nous devrions revitaliser le sens familial, retravailler la notion de tribu familiale, même en occident! Il n’y a pas seulement des contraintes dans une famille, elle peut aussi être la plus grande source de bénédictions. C’est dommage que dans l’église on parle souvent des problèmes de couples et de familles et si peu du nombre des familles heureuses.
L’idée de prédication d’aujourd’hui reprend la notion de bénédiction. On pourrait la comparer à la sève qui circule dans toute la « tribu » familiale. Dans notre texte, cette bénédiction est accordée par un patriarche, mais nous sommes tous appelés à bénir les autres et plus spécialement les membres de notre famille.


[Matériel]   Image servant de base à la prédication: un arbre dont la frondaison représente deux profils symétriques de visages d’enfants (Gn 49.22). L’image se projette au rétroprojecteur en ombre chinoise.


 

Pour télécharger l'image en format jpeg
(bouton droit de la souris, puis enregsitrer sous...)
 

 

  La bénédiction de Joseph par son père Jacob

1.     Des enfants adoptés (Genèse 48.1-22)
Le système familial de l’époque est un système de clan qui intègre à la fois la famille au sens large et la famille spirituelle. Le système de clan est très différent dans son fonctionnement et ses valeurs de la notion familiale d’aujourd’hui. En quoi pourrait-il nous aider à élargir notre notion de la famille ? (cf. image de l’arbre où les deux profils symbolisent les systèmes familial et spirituel rattachés au même tronc)

Les deux fils de Joseph sont nés d’une femme étrangère, et ont été éduqués à l’étranger, hors du contexte socioculturel et religieux du clan d’origine. En les bénissant, Jacob les intègre dans son clan. Ils font maintenant partie de la famille qui donnera naissance au peuple d’Israël. Qui sont ces enfants élevés hors du clan d’origine ? Que veut dire adopter des enfants issus de familles recomposées, disloquées, chahutées, hors normes, pour les greffer sur le tronc familial et spirituel ? Notre système clanique prévoit-il ces cas de figure ? 

1.     Des enfants bénis (Genèse 49.22-26 ; Hb 11.20-21)

Dans notre histoire, la bénédiction est étroitement liée à une trajectoire familiale. Elle fait donc partie d’un projet ou d’un plan de Dieu. Bénir quelqu’un, ce n’est pas lui souhaiter «Bonne chance!», mais c’est lui transmettre une parole d’autorité suivie d’effets. Ici, c’est une «sève» qui irrigue l’ensemble du système familial. Bénir, c’est aussi mettre en route pour un projet. Quel projet familial développez-vous? Est-ce que vous intégrez les enfants dans vos projets, y compris professionnels? Ont-ils le droit de contester certains de vos choix? La spiritualité de Jacob est liée à une famille, un clan et s’ancre dans des lieux d’expériences. Elle est très différente de la nôtre qui puise ses ressources dans des pensées, des concepts, des doctrines, des livres et avant tout dans un idéal chrétien et beaucoup moins dans une famille chrétienne au sens large du terme. Dieu ne travaille pas dans l’idéal, mais dans la réalité!

A l’image de l’arbre, cette bénédiction, cette «sève» se répandra pour les personnes greffées … et ces «arbres» bénis seront en bénédiction pour le restant des hommes. Ils donneront le vrai fruit que personne d’autre ne pourra produire.
Sortez-vous les pousses, Dieu veut faire du bien au travers des familles de vos communautés!
 

Quelques slogans complémentaires :

La bénédiction, ce n’est pas l’assurance qu’il n’y aura pas de problèmes, mais que le plan de Dieu va s’accomplir. 

Un état sans familles fortes, c’est un état sans esprit communautaire. La famille c’est l’apprentissage de la vie communautaire. 

Un grain de sable isolé est vite emporté par les vagues, tandis que beaucoup de grains entassés, liés les uns aux autres, deviennent une barrière, capable d’endiguer l’avance de la mer! (Grand rabbin Jacques Ouaknin en parlant des juifs). A appliquer à la famille.

Autre image tirée du Midrach :
Un père, avant de mourir, réunit ses enfants et leur présente un fagot de bambous en leur demandant de le briser en deux. Aucun des enfants n’y arrive. Alors le père prend le fagot et en tire tige par tige qu’il brise aisément. Les enfants comprirent la leçon, tant qu’ils sont unis personne ne peut les vaincre! 

Dieu a un plan de bénédiction du monde au travers du processus familial.

Le Christ est né et a grandi dans une famille.

Pour aller plus loin…

Dans le cercle intime familial

Aujourd’hui beaucoup d’enfants sont insécurisés par l’ampleur des divorces qu’ils observent dans les familles de leurs copains. Les parents peuvent reprendre l’illustration de l’arbre aux deux visages en expliquant à leur progéniture qu’ils font partie de l’arbre familial et que leurs parents ne désirent pas le couper en deux. Il faut dire verbalement les choses aux enfants pour qu’ils soient sécurisés. Les parents peuvent avoir un moment de prière et bénir leurs enfants en leur imposant les mains. Encore aujourd’hui, c’est toujours avec la même formule de la bénédiction de Jacob que les Juifs pieux bénissent leurs enfants au moment où le jour du sabbat commence à poindre. Âge idéal: entre 6 et 10 ans.

Dans l’Eglise

Dans l’Eglise on ne connaît pas toujours qui appartient à qui quand il s’agit de mettre un nom sur un visage d’enfant. On pourrait demander que chaque famille se photographie en famille élargie au pied de l’arbre de leur choix. La notion de famille élargie permettrait d’y inclure des célibataires ou des divorcés ou des veuves ou veufs. Les photos seraient affichées le dimanche à l’église. On pourrait même organiser, pendant le culte, une prière communautaire de bénédictions pour chaque famille et si l’église possède un beamer ou un projecteur de dias, elle pourrait projeter chaque fois la photo sur un écran. On pourrait y adjoindre un concours pour définir la famille qui a choisi le plus bel arbre représentatif. Les photos pourraient s’imprimer sur papier et les membres de la communauté s’engageraient à prier les uns pour les autres pendant un mois, en prenant le papier imprimé comme pense-bête. 

Diagramme

Préparer un immense diagramme à afficher pour montrer la longévité de tous les couples dans la communauté. Quel est le couple qui a le plus grand nombre d’années de mariage?

Arbre généalogique

Exposition des arbres généalogiques existants dans la communauté. Souvent on rencontre des familles qui ont créé leur propre arbre généalogique.


Comment créer une tribu familiale

1. Commencer dès le plus jeune âge à fréquenter régulièrement les frères et sœurs et leur progéniture. Un esprit de tribu se crée sur le long terme. Lorsque les enfants sont trop âgés, la mayonnaise communautaire prend plus difficilement. Les souvenirs d’enfance cimentent beaucoup les relations.

2. Privilégier plutôt les relations familiales aux autres relations, même si certains membres ne sont pas dans la foi. La foi n’exclut pas, elle tente toujours d’inclure les gens dans un processus de paix et d’amour mutuel.

3. Cultiver un sens profond de la responsabilité les uns vis-à-vis des autres. Les problèmes du frère ou de la cousine doivent me concerner personnellement.

4. Oser partager ses soucis … et ses joies.

5. Offrir la possibilité de prendre en charge un enfant difficile par l’une ou l’autre des familles de la tribu, pour décharger les parents.

6. S’entraider financièrement. Certains aînés peuvent « sponsoriser » des plus jeunes!

7. Manger souvent ensemble et utiliser les fêtes officielles (Noël, anniversaires, etc.) pour festoyer. Mais attention aux obligations qui tuent (les repas obligatoires réglés comme du papier à musique, chez les parents du couple, par exemple!).

8. Organiser une fois par année un événement tribal. Je connais une tribu qui a passé un long week-end sur le canal de Bourgogne, en louant trois bateaux. Ils étaient 16 personnes à bord dont l’âge variait entre 6 mois et 80 ans!

9. Travailler aussi ensemble (déménagement, bricolage, etc.).

10. Profiter des mariages pour organiser communautairement les festivités.

11. Utiliser en priorité les dons et les talents qui émergent dans la tribu.

12. Prier régulièrement les uns pour les autres. Bénissez-vous réciproquement.

13. Discuter sincèrement de vos rancunes, jalousies, questions d’héritage, divergences ecclésiastiques ou politiques sans en faire une affaire d’état.
  Module d'animation
pour organiser quatre semaines d'écoute de la Bible à partir d'un enregistrement audio, jumelées à des prédications
  Pour d'autres idées de prédications