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La bénédiction de Joseph par son père Jacob
1.
Des enfants
adoptés (Genèse 48.1-22)
Le système familial de l’époque est un système de clan qui intègre à la
fois la famille au sens large et la famille spirituelle. Le système de
clan est très différent dans son fonctionnement et ses valeurs de la
notion familiale d’aujourd’hui. En quoi pourrait-il nous aider à élargir
notre notion de la famille ? (cf. image de l’arbre où les deux profils
symbolisent les systèmes familial et spirituel rattachés au même tronc)
Les deux fils de
Joseph sont nés d’une femme étrangère, et ont été éduqués à l’étranger,
hors du contexte socioculturel et religieux du clan d’origine. En les
bénissant, Jacob les intègre dans son clan. Ils font maintenant partie
de la famille qui donnera naissance au peuple d’Israël. Qui sont ces
enfants élevés hors du clan d’origine ? Que veut dire adopter des
enfants issus de familles recomposées, disloquées, chahutées, hors
normes, pour les greffer sur le tronc familial et spirituel ? Notre
système clanique prévoit-il ces cas de figure ?
1.
Des enfants bénis
(Genèse 49.22-26 ; Hb 11.20-21)
Dans notre histoire, la bénédiction est étroitement liée à une
trajectoire familiale. Elle fait donc partie d’un projet ou d’un plan de
Dieu. Bénir quelqu’un, ce n’est pas lui souhaiter «Bonne chance!», mais
c’est lui transmettre une parole d’autorité suivie d’effets. Ici, c’est
une «sève» qui irrigue l’ensemble du système familial. Bénir, c’est
aussi mettre en route pour un projet. Quel projet familial
développez-vous? Est-ce que vous intégrez les enfants dans vos projets,
y compris professionnels? Ont-ils le droit de contester certains de vos
choix? La spiritualité de Jacob est liée à une famille, un clan et
s’ancre dans des lieux d’expériences. Elle est très différente de la
nôtre qui puise ses ressources dans des pensées, des concepts, des
doctrines, des livres et avant tout dans un idéal chrétien et beaucoup
moins dans une famille chrétienne au sens large du terme. Dieu ne
travaille pas dans l’idéal, mais dans la réalité!
A l’image de l’arbre, cette bénédiction, cette «sève» se répandra pour
les personnes greffées … et ces «arbres» bénis seront en bénédiction
pour le restant des hommes. Ils donneront le vrai fruit que personne
d’autre ne pourra produire.
Sortez-vous les pousses, Dieu veut faire du bien au travers des familles
de vos communautés!
Quelques slogans complémentaires :
La
bénédiction, ce n’est pas l’assurance qu’il n’y aura pas de problèmes,
mais que le plan de Dieu va s’accomplir.
Un
état sans familles fortes, c’est un état sans esprit communautaire. La
famille c’est l’apprentissage de la vie communautaire.
Un
grain de sable isolé est vite emporté par les vagues, tandis que
beaucoup de grains entassés, liés les uns aux autres, deviennent une
barrière, capable d’endiguer l’avance de la mer! (Grand rabbin Jacques
Ouaknin en parlant des juifs). A appliquer à la famille.
Autre
image tirée du Midrach :
Un père, avant de mourir, réunit ses enfants et leur présente un fagot
de bambous en leur demandant de le briser en deux. Aucun des enfants n’y
arrive. Alors le père prend le fagot et en tire tige par tige qu’il
brise aisément. Les enfants comprirent la leçon, tant qu’ils sont unis
personne ne peut les vaincre!
Dieu a
un plan de bénédiction du monde au travers du processus familial.
Le Christ est né et a grandi dans une famille.
Pour aller plus loin…
Dans le cercle intime
familial
Aujourd’hui
beaucoup d’enfants sont insécurisés par l’ampleur des divorces qu’ils
observent dans les familles de leurs copains. Les parents peuvent
reprendre l’illustration de l’arbre aux deux visages en expliquant à
leur progéniture qu’ils font partie de l’arbre familial et que leurs
parents ne désirent pas le couper en deux. Il faut dire verbalement les
choses aux enfants pour qu’ils soient sécurisés. Les parents peuvent
avoir un moment de prière et bénir leurs enfants en leur imposant les
mains. Encore aujourd’hui, c’est toujours avec la même formule de la
bénédiction de Jacob que les Juifs pieux bénissent leurs enfants au
moment où le jour du sabbat commence à poindre. Âge idéal: entre 6 et 10
ans.
Dans l’Eglise
Dans l’Eglise on
ne connaît pas toujours qui appartient à qui quand il s’agit de mettre
un nom sur un visage d’enfant. On pourrait demander que chaque famille
se photographie en famille élargie au pied de l’arbre de leur choix. La
notion de famille élargie permettrait d’y inclure des célibataires ou
des divorcés ou des veuves ou veufs. Les photos seraient affichées le
dimanche à l’église. On pourrait même organiser, pendant le culte, une
prière communautaire de bénédictions pour chaque famille et si l’église
possède un beamer ou un projecteur de dias, elle pourrait projeter
chaque fois la photo sur un écran. On pourrait y adjoindre un concours
pour définir la famille qui a choisi le plus bel arbre représentatif.
Les photos pourraient s’imprimer sur papier et les membres de la
communauté s’engageraient à prier les uns pour les autres pendant un
mois, en prenant le papier imprimé comme pense-bête.
Diagramme
Préparer un
immense diagramme à afficher pour montrer la longévité de tous les
couples dans la communauté. Quel est le couple qui a le plus grand
nombre d’années de mariage?
Arbre généalogique
Exposition des arbres généalogiques existants dans la communauté.
Souvent on rencontre des familles qui ont créé leur propre arbre
généalogique.
Comment créer une tribu familiale
1. Commencer dès
le plus jeune âge à fréquenter régulièrement les frères et sœurs et leur
progéniture. Un esprit de tribu se crée sur le long terme. Lorsque les
enfants sont trop âgés, la mayonnaise communautaire prend plus
difficilement. Les souvenirs d’enfance cimentent beaucoup les relations.
2. Privilégier plutôt les relations familiales aux autres relations,
même si certains membres ne sont pas dans la foi. La foi n’exclut pas,
elle tente toujours d’inclure les gens dans un processus de paix et
d’amour mutuel.
3. Cultiver un sens profond de la responsabilité les uns vis-à-vis des
autres. Les problèmes du frère ou de la cousine doivent me concerner
personnellement.
4. Oser partager ses soucis … et ses joies.
5. Offrir la possibilité de prendre en charge un enfant difficile par
l’une ou l’autre des familles de la tribu, pour décharger les parents.
6. S’entraider financièrement. Certains aînés peuvent « sponsoriser »
des plus jeunes!
7. Manger souvent ensemble et utiliser les fêtes officielles (Noël,
anniversaires, etc.) pour festoyer. Mais attention aux obligations qui
tuent (les repas obligatoires réglés comme du papier à musique, chez les
parents du couple, par exemple!).
8. Organiser une fois par année un événement tribal. Je connais une
tribu qui a passé un long week-end sur le canal de Bourgogne, en louant
trois bateaux. Ils étaient 16 personnes à bord dont l’âge variait entre
6 mois et 80 ans!
9. Travailler aussi ensemble (déménagement, bricolage, etc.).
10. Profiter des mariages pour organiser communautairement les
festivités.
11. Utiliser en priorité les dons et les talents qui émergent dans la
tribu.
12. Prier
régulièrement les uns pour les autres. Bénissez-vous réciproquement.
13. Discuter sincèrement de vos rancunes, jalousies, questions
d’héritage, divergences ecclésiastiques ou politiques sans en faire une
affaire d’état. |