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Une guerre d'images |
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![]() Uraeus d'une couronne (VIème siècle avant J.C.) Kestner-Museum Hanovre |
On sait moins que ces images remplissaient, à l'époque, une fonction très précise: elles servaient à mettre en scène le pouvoir, à le soutenir, à le légitimer. Le cobra que nous voyons sur les représentations appartient à Pharaon. On le retrouve, d'ailleurs, sur le front de toutes les images du souverain. Allié au maître, il fait figure de lance-flammes. Il brûle et disperse les ennemis, réduit en poussière les usurpateurs. Que nous dit ce cobra ? : Ne t'approche pas de Pharaon, sinon il t'en cuira. Le prince règne dans son palais, soutenu par la magie du pouvoir, et le pouvoir de la magie. |
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![]() Statuette du roi Sésostris 1er, vers 1950 av. J.C.) Metropolitan Museum of Art, New York |
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Avant cet affrontement Dieu a déjà instruit Moïse à coups d'images. Dans l'épisode du buisson ardent on lit, en effet, ce fragment: "Le Seigneur dit à Moïse: "Qu'as-tu à la main ?" "Un bâton", dit-il. "Jette-le à terre". Il le jeta à terre: le bâton devint serpent et Moïse s'enfuit devant lui. Le Seigneur dit à Moïse: "Etends ta main et prends-le par la queue". Il étendit la main et le saisit: le serpent redevint bâton dans sa main" (Ex 4 v 2-4). Moïse fuyant devant le serpent symbolise et met en scène la fuite de Moïse devant l'immense pouvoir de Pharaon. Mais Dieu montre à Moïse que ce pouvoir est déjà jeté à terre et que, si Moïse ose lui faire face et le saisir il peut le prendre en main et le dominer. Grâce à Dieu Moïse a la situation en main. L'Exode conduit ainsi le peuple d'Israël à lutter, non seulement contre l'oppression de l'esclavage, mais également contre la fascination du pouvoir elle-même. Dieu appelle les juifs à une double libération. Il les veut libres de l'esclavage et libres dans leur tête. A lire les atermoiements du peuple dans le désert, on se dit, d'ailleurs, qu'au moment de la sortie d'Egypte seul le plus facile est fait. Les anciens esclaves lâchés en plein désert ne rêvent que d'esclavage. Ils voudraient connaître encore le frisson de ces mises en scènes grandioses, la fascination devant les instruments du pouvoir. Ils veulent un dieu qui marche devant eux, une image qu'ils puissent adorer. Ils construisent le veau d'or (Ex 32). Dieu réagit à cet écart d'une double manière. Il provoque une rupture d'abord, et c'est l'épisode le mieux connu. Mais il concède également quelque chose au peuple et c'est plus surprenant. |
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![]() Le roi Aménophis IV - Akhenaton en sphinx sous le soleil rayonnant (Vers 1357 - 1354 av. J.C.) Kestner-Museum Hanovre |
Tout cela nous semble peut-être bien loin. L'attitude des juifs dans le désert peut nous faire sourire. Mais prenons garde que bientôt nous nous mettions à sourire jaune. Pensons aux ors du palais de l'Elysée et des salons ministériels, aux belles voitures astiquées. Pensons aux conseillers en communication qui apprennent à maîtriser l'image télévisuelle. Pensons à l'enthousiasme des militants fascinés par leur héros. Le pouvoir n'a pas épuisé, aujourd'hui, ses ressources de fascination. Dans l'Eglise elle-même, qui ne connaît les dangers d'une personnalité "rayonnante" (mais oui) capable d'entraîner derrière elle des fidèles en mal d'émotions fortes. Les veaux d'or sont plus près de nous que nous le croyons. |
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pour organiser quatre semaines d'écoute de la Bible à partir d'un enregistrement audio, jumelées à des prédications |
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