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"Penser" Dieu ou le vivre? |
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Quelques
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Et les images dans ce nouveau contexte? A la fin du Moyen-Âge, l'image transite du domaine public monopolisé par l'Eglise catholique, dans le domaine privé. C'est à partir de la Renaissance que l’on commence à signer un tableau, par exemple. L'image rejoint la galerie et devient un objet esthétique alors qu'auparavant c'était une image porte-bonheur. Dans une cathédrale, le vitrail n'était pas " objet à penser ", mais c'est plutôt une lumière qui se réfléchissait sur le croyant, même si la façade de verre était conçue comme un catéchisme visuel, dont le message avait un ordonnancement très logique. Cette migration de l'image était aussi un résultat de l'évolution due à l'imprimerie, décrite plus haut. Les savants, les intellectuels n'avaient plus fondamentalement besoin de l'image pour transmettre leur savoir, à part lorsqu'il s'agissait de reproductions très techniques se rapportant par exemple à la botanique, l'astronomie ou à la médecine. C'était probablement la première fois de l'histoire où la plus grande partie de la société pouvait se passer d'illustrations ou de visualisation pour progresser dans la maîtrise de l'espace géographique, socioculturel ou économique. Ça ne veut pas dire que les images avaient complètement disparu, simplement elles sont devenues marginales puisque le savoir prenait une tournure plus rationnelle et plus logique, épuré des nombreuses fioritures du monde des émotions et du sensible. Une cathédrale protestante reflète exactement cette tendance. Tout est agencé pour faciliter le discours et le rituel du culte est avant tout basé sur une succession de concepts, avec très peu de déplacements et très peu de recours à des gestes symboliques. On s'assoit sous les voûtes de la nef pour "penser " Dieu, avant de le vivre. D'où notre propension à vouloir toujours expliquer les processus de foi et à être très méfiants vis-à-vis d'approches impliquant nos sentiments et nos émotions. Nous avons horreur de ces styles de spiritualité qui font vibrer le corps, qui font rire, pleurer, tomber par terre, parce que nous n'avons d'explication logique pour comprendre le phénomène. L'absence d'images dans la foi protestante est donc beaucoup plus le résultat d'une évolution culturelle que d'une volonté délibérée de la part des réformateurs, de faire table rase du passé. C'est une donne importante pour notre évolution actuelle. Le protestantisme à l'époque s'est adapté tout comme aujourd'hui il devra se couler dans la culture des mass médias pour survivre. Plus une communauté se tourne, dans son d'expression, vers le passé, plus elle s'appuie sur l'imprimerie pour transmettre son message plus elle perdra de son impact. Une église ne peut progresser que si elle est adaptée à son milieu culturel. |
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